Zakaria – également connu sous le nom de « Zaki » – Hannache est un défenseur des droits humains amazigh algérien. Depuis 2019, il documente les arrestations et les poursuites de prisonniers d’opinion, notamment en lien avec le mouvement de protestation pacifique Hirak. Il est devenu l’une des principales sources d’information sur la détention arbitraire de prisonniers d’opinion en Algérie, pour la société civile locale et internationale, ainsi que pour les mécanismes des droits humains de l’ONU.
Le 18 février 2022, Hannache a été arrêté à son domicile par des policiers en civil et emmené au poste de police de la rue Dr Saadane à Alger. Un mandat d’arrêt et un mandat de perquisition ont été présentés par les policiers, qui ont fouillé son domicile et saisi son téléphone. Ils étaient également à la recherche d’un prix qu’il avait reçu pour son travail en décembre 2021 et la récompense financière correspondante.
Pendant sa garde à vue, entre le 18 et le 24 février 2022, Hannache a été interrogé, sans la présence d’un avocat, sur son travail de défenseur des droits humains, ainsi que sur des publications qu’il aurait faites en ligne et sur ses relations avec d’autres défenseurs des droits humains et des organisations internationales de défense des droits humains. Il a également été interrogé sur les conversations qu’il a eues avec l’équipe de la Rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des défenseurs des droits de l’homme.
Le 24 février 2022, Hannache a été présenté au juge d’instruction du tribunal de Sidi M’hamed et inculpé, entre autres, d’ « apologie du terrorisme », de « réception de fonds d’une institution à l’intérieur ou à l’extérieur du pays » et d’ « atteinte à la sécurité de l’État ». Il a été placé en détention provisoire le même jour.
Le 7 mars 2022, Hannache a entamé une grève de la faim pour protester contre le caractère arbitraire de sa détention, à laquelle il a mis fin lorsqu’il a été libéré provisoirement le 30 mars 2022. Après sa libération, Hannache a continué à faire l’objet d’importantes intimidations en Algérie, ce qui l’a poussé en août 2022 à se rendre en Tunisie où il a pu bénéficier d’une prise en charge soutien médical.
Le 9 novembre 2022, Hannache a été informé qu’il était convoqué par le juge d’instruction pour comparaître devant le tribunal de Sidi M’hamed à Alger pour une audience prévue le 13 novembre. Le lendemain, il a déposé une demande d’asile auprès du HCR en Tunisie.
Le 13 novembre 2022, les avocats de Hannache ont demandé un report d’audience pour raisons médicales, qui a été accepté. Hannache a été informé que la police tunisienne était venue le chercher à deux endroits différents de Tunis au cours des deux jours suivants, faisant craindre qu’elle ne cherche à l’arrêter.
Les autorités tunisiennes ne doivent en aucun cas répéter le dangereux précédent créé par l’enlèvement et le refoulement du réfugié algérien Slimane Bouhafs le 25 août 2021, pour lequel aucune enquête n’a été ouverte à ce jour en Tunisie.
Pour cette raison, le 28 novembre 2022, MENA Rights Group et une chercheuse en droits humains pour la région Afrique du Nord, basée à Tunis, ont soumis une demande de mesures provisoires au Comité contre la torture de l’ONU, invoquant une possible violation du principe de non-refoulement si la Tunisie renvoyait Hannache dans son pays d’origine. Le 5 décembre 2022, le Comité a demandé à la Tunisie de ne pas expulser Hannache pendant l’examen de la demande.
Le 21 septembre 2023, Hannache a pu quitter la Tunisie. Il a ensuite réussi à atteindre un pays sûr. En conséquence, MENA Rights Group a demandé au Comité de classer son dossier au motif qu’il ne risque plus d’être expulsé vers l’Algérie.