Abdelbaset Elemam, ressortissant turc d’origine égyptienne, était professeur de médecine au département d’urologie de l’Université d’Al-Azhar du Caire avant de s’exiler en Turquie. Eleman s’est opposé au coup d’Etat du 3 juillet 2013 mené par l’armée égyptienne contre le Président Mohamed Morsi. Il a participé aux manifestations sévèrement réprimées d’août 2013 sur la place Rabaa al-Adawiya au Caire, aux côtés de milliers d’Égyptiens. Il était accompagné de son fils, alors âgé de 18 ans, qui a été tué par balles par les forces de sécurité le 14 août 2013. Après l’assassinat de son fils, il a continué de s’opposer au gouvernement et au président al-Sissi.
En 2016, des forces de sécurité ont perquisitionné son domicile à la recherche d’informations sur son identité, sa localisation et celle de ses proches. Conscient du risque imminent d’arrestation, Elemam a été contraint de quitter immédiatement le pays. Il a quitté l’Égypte de manière régulière par l’aéroport du Caire, sans rencontrer de quelconques problèmes juridiques liés à d’éventuelles poursuites à son encontre, et s’est rendu en Tanzanie. Sa famille est restée en Égypte, mais a vécu cachée pendant au moins un an. Elemam s’est installé en Turquie en 2018 et a obtenu la citoyenneté turque en 2020.
Le 12 décembre 2017, il a été condamné par contumace à perpétuité pour des accusations vagues de terrorisme, à savoir « avoir pris la tête d’un groupe créé en violation des dispositions légales » et « avoir utilisé des actions armées comme moyen de prendre pouvoir par la force ».
Le 3 novembre 2024, alors qu’il voyageait au Maroc pour du tourisme avec un passeport turc valide, Elemam a été arrêté à l’aéroport international Mohamed V à Casablanca. Le jour de son arrestation, il n’a été autorisé à contacter ses proches que deux fois, très brièvement, pour les informer que les autorités marocaines le détenaient sur la base d’une demande d’extradition formulée par l’Égypte.
Craignant pour sa sécurité, MENA Rights Group a déposé le 26 novembre 2024 un appel urgent auprès du Rapporteur spécial sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants pour demander son intervention.
Elemam a été détenu à la prison de Tiflet 2 avant d’être assigné à résidence à l’ambassade turque du Maroc dans l’attente d’une décision de la Cour de Cassation quant à la demande d’extradition de l’Égypte.
Le 17 décembre 2024, la Cour de cassation marocaine a finalement rejeté la demande d’extradition de l’Égypte. Après sa libération, Abdelbaset a pu rejoindre ses proches en Turquie.