Le 20 mai 2022, Arreh Aouled, activiste connu notamment pour ses critiques à l’encontre du gouvernement djiboutien, a été arrêté par des membres de la police du Somaliland sans que ne lui soit présenté un mandat d’arrêt ni qu’il soit informé des raisons de son arrestation.
Le lendemain, le Centre des droits de l’Homme pour le Somaliland a fait part de ses préoccupations concernant les pratiques du Somaliland en matière d’expulsion vers Djibouti et a appelé à sa libération immédiate.
Le 23 mai 2022, Aouled a été présenté devant le tribunal régional de Gabiley et, parallèlement, un hélicoptère aurait été envoyé à Hargeisa, en Somalie, par les autorités djiboutiennes pour le transférer de force vers Djibouti.
Sa garde à vue a été prolongée à plusieurs reprises et le 13 juin 2022, Aouled a été, pour la première fois depuis son arrestation, accusé d’avoir tenu des propos injurieux à l’encontre du président djiboutien Ismail Omar Guelleh au titre de l’article 451(2) du Code pénal du Somaliland.
Cette accusation se fonde sur une courte vidéo diffusée en direct sur la page Facebook d’Aouled, dans laquelle il s’est exprimé sur la politique du président Guelleh, et semble ainsi constituer une violation de son droit à la liberté d’expression et d’opinion au titre de l’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
Aouled a été présenté devant le tribunal régional de Gabiley le 16 juin 2022. Il a demeuré détenu préventivement par la suite.
S’il avait été renvoyé à Djibouti, Aouled aurait été exposé à un risque élevé de torture et de traitement cruel, inhumain ou dégradant en raison de ses critiques à l’égard du gouvernement. Pour cette raison, MENA Rights Group a soumis un appel urgent au Rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants le 20 juin 2022. Dans son appel urgent, MENA Rights Group a souligné que les autorités du Somaliland étaient tenues de respecter le prinicipe de non-refoulement inscrit à l’article 3 de la Convention contre la torture ainsi que le droit d’Aouled à la liberté d’expression et d’opinion, tel que consacré par l’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
Le 26 juin 2022, Aouled a été acquitté par le tribunal régional de Gabiley, mais le procureur général a fait appel de cette décision.
Le 28 juillet 2022, Aouled a été libéré après avoir été acquitté, cette fois, par la cour d’appel.